Comment faire profiter le principe de RINVINDAF aux 340 000 étudiants camerounais ?

C’est la question qui m’a été posée hier à la rencontre avec le Ministre de l’Enseignement Supérieur et ses collaborateurs. Le ministre est obsédé depuis des années par la nécessité de ne plus former des étudiants qui iront tout droit au chômage. Plusieurs pistes ont été testées, même avec des accords avec les entreprises camerounaises sans réel impact. Mais dans quelle mesure un concept aussi efficace et novateur que celui des RINVINDAF peut-il être mis à profit de l’ensemble des étudiants camerounais et à moindre coût ?

La réponse est attendue par écrit lundi 2 juin à 10 heures sur le bureau du Ministre.

24 heures sont passées et je n’ai toujours pas de réponse, car le RINVINDAF doit son efficacité au nombre très réduit de chaque groupe : 50 personnes tout au plus. Mais également par une certaine préparation préliminaire à la « Géostratégie Africaine » allant jusqu’à 3 ans pour certains d’entre eux.

Question : un Africain peut-il devenir industriel aujourd’hui et résister longtemps à la concurrence sans merci des grands groupes internationaux sans au préalable maîtriser les contours de la guerre industrielle et économique dans laquelle nous vivons en permanence ?

La spécificité des participants au Rinvindaf, c’est qu’ils sont déjà des leaders dans l’âme. La preuve vient de cette première promotion à Douala où sans même savoir avec précision dans quoi j’allais les embarquer, ils étaient 57 à prendre le départ, après que nous avons refusé une quarantaine de personnes qui n’avaient pas le profil adéquat. C’est ce goût du risque calculé qui est la marque de ce genre de leader bien informé, qui lit beaucoup et s’intéresse à tout ce que nous cherchons. Peut-on en dire de même sur la masse des étudiants du Cameroun?
En même temps, lors de notre première rencontre du 28 mai dernier et la présentation officielle du concept des RINVINDAF, le Premier Ministre camerounais m’avait dit une chose : « Vous formez 500 personnes par an. C’est très bien, mais insuffisant pour faire bouger les lignes comme vous le souhaitez. Pour atteindre vos objectifs, vous devez chercher à former un nombre conséquent de personnes pour atteindre la masse critique (environ 10 000 personnes), sans cela les résultats risquent d’être lents et invisibles par la population. »
Mais comment former 10 000 personnes par an et continuer à rester efficace ? Aujourd’hui, mes RINVINDAF sont littéralement chouchoutés par toute mon équipe et moi et sont accompagnés dans toutes leurs opérations jusque dans les plantations. Mais demain, s’ils sont 10 000, comment allons-nous faire ? S’ils sont 340 000, sera-ce seulement possible ? Avec les RINVINDAF, il y a un défi, celui de répondre à la question : peut-on transformer des personnes normales qui ont envie de se battre et travailler dur en des personnes riches en seulement 5 ans ? Est-il crédible de réaliser un tel défi avec 340 000 personnes dont la plupart restent convaincus que leur destin viendra de la prière à un hypothétique dieu ?

J’attends vos suggestions avant le 2 juin 2014.

Yaoundé, le 31 mai 2014
Jean-Paul Pougala

P.S : pour votre information, sachez que le RINVINDAF (Re-Inventer les Industriels Africains de demain) est une formule expérimentale qui sera présente dans le programme bachelor de mon école pour former les dirigeants du monde que je m’apprête à ouvrir en 2016 en Suisse avec le nom provisoire de : Switzerland School of Geostrategy.

2 commentaires

  1. Ngan Ngan N a dit:

    Bonjour Prof, je réponds certes avec un peu de retard. Mais ceci est exactement le challenge. D’aucuns de nous ne parviennent pas pour plusieurs raisons à faire part direct du RINVINDAF et voudrions cependant aussi profiter de vos enseignements. Nous en profitons déja en vous lisant, mais ce concret que vous faites avec le RINVINDAF. Vous avez décidé de ne plus donner des enseignements de ce genre ici en Europe, c’est compréhensible car vous avez sûrement aussi une vision de votre vie et très probablement vous avez décidé de rentrer au bercail. Mais alors comment pouvons-nous aussi en Europe continuer de profiter de vos enseignements au concret si on ne peut se rendre à Douala ou Yaoundé dans les délais impartis? Ca aussi est un Challenge. OUI, le prochain serait mm, cmt faire en sorte que pas seulement vous, mais vous et d’autres vous transportiez ces enseigenements pour les mettre à la disposition de toute l’Afrique et qu’en 5 ou 10 ans exactement on voit du concret et un concret significatif; pas exactement juste les 50 formés par an d’où ne viendra qu’un certain pourcentage à réussir en ces 5 ans. Il faut comme le ministre le dit exactement trouver une méthode pour la masse critique, tant pour le Cameroun que pour l’Afrique. A propos, il est bien d’autres responsabilités du gouvernement qui pourraient aider? Il faut en tenir compte et leur en parler; Pougala tout seul n’y arriverait pas.

    03/07/2014
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  2. Christian Nougwa a dit:

    Bonjour professeur,

    Très admiratif de la discipline que vous implémentez actuellement sur le sol africain, berceau de nos ancêtres, permettez-moi de vous donner mon avis, en toute humilité.

    Il me semble quand même spécieux, j’allais dire fallacieux que de croire qu’un homme à lui seul puisse arriver à former à une discipline autant de personnes, en si peu de temps.

    Notre cher et très respectable chef du gouvernement devrait essayer de trouver, en vous donnant les moyens, une solution durable plutôt qu’une solution-miracle: je pense ici à une création d’une filière universitaire dans une de nos facultés étatiques spécialisée en la matière, chose qui pourrait se faire par exemple en créant un Master en « Géostratégie Africaine » ouvert à nos nombreux étudiants de sciences politiques – management – sciences économiques- école polytechnique – selon que vous, grand spécialiste en la matière auriez jugé aptes à suivre ladite formation des étudiants issus de telle ou de telle autre filière. Tout ceci ne ferait que faire grandir le nombre de spécialistes aptes, sous réserve d’études plus poussées, à enseigner la chose et ainsi pourrait-on atteindre, avec les années, les prétendus objectifs que vous visez là. Autrement dit, je crois que c’est un travail de ramifications qu’il faut préparer là.

    Avec le temps la géostratégie africaine j’en ai la conviction deviendra incontournable dans notre société, par contre courir ne servirait à mon sens qu’à bricoler et à mal former.

    Permettez-moi de vous adresser toute la gratitude que j’ai pour vous, et toute l’admiration que j’éprouve pour le travail que vous fournissez.

    28/08/2014
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