Introduction à la formation 2014 en Géostratégie Africaine option : micro-industrie

RE-INVENTER LES INDUSTRIELS AFRICAINS DE DEMAIN

INTRODUCTION

Plusieurs sont les facteurs qui m’ont convaincu à créer cette formation dédiée à l’industrialisation, dont deux en particulier.  Le premier, le plus important, est contenu dans un livre que j’aime beaucoup et qui devrait être la vraie bible au chevet de tout africain avec le moindre désir d’émancipation et d’affranchissement de l’état d’esclaves que nous sommes. Ce livre s’appelle « Kamerun ! , Une guerre cachée aux origines de la Françafrique – 1948-1971 », brillamment écrit par deux talentueux journalistes d’investigation : Thomas Deltombe et Manuel Domergue et un remarquable historien : Jacob Tatsitsa, qui à travers un travail très méticuleux sur la tentative d’exhumer la vraie histoire du Cameroun, en près de 1000 pages d’un livre-documentaire époustouflant,  nous révèlent comment et pourquoi les africains sont devenus presque tous des traîtres à la solde des prédateurs, c'est-à-dire, contre leurs propres intérêts et pour la plupart en toute bonne foi, dans la parfaite ignorance et naïveté, entretenues par le système dominant, de spoliation du continent africain. Ce qui nous intéresse dans ce livre, c’est la décision des administrations coloniales, française et britannique au Cameroun d’orienter à l’indépendance, la tête pensante, les nouveaux lettrés camerounais vers le salariat  et pour les plus récalcitrants et rebelles d’entre eux, vers le commerce et les empêcher à tout prix à s’engager sur la voie de l’industrie. Et si par malheur, à quelqu’un des africains devait venir la démangeaison de s’intéresser au secteur industriel, on devait le laisser faire uniquement si cela devait profiter de façon centrale à la France ou à la Grande Bretagne, c'est-à-dire, si ces industries appartenant à des africains devaient servir de relai local au service de l’économie française ou britannique, de la même manière que les industriels européens installés en Afrique. C’est ce qui va justifier le paradoxe que le Nigéria premier producteur de pétrole africain ne raffine pas son propre pétrole, mais le pétrole de la mer du Nord, importé à travers la Grande Bretagne, la Sonara au Cameroun ne raffine pas le pétrole produit au Cameroun, mais importé à travers la France. Le pire des paradoxes et le plus révoltant, qui échappe au grand public est dans le domaine du café. Comme partout ailleurs en Afrique, les camerounais ne consomment pas leur café. Ils ont presque tous été formatés à consommer depuis l’indépendance du café lyophilisé, en grande partie, importé du Mexique, à travers la France. Les quelques torréfacteurs camerounais produisent du café moulu, complètement méconnu du consommateur lambda du Cameroun, c'est-à-dire, un produit qui ne correspond nullement à la demande d’un consommateur formaté à consommer ce que lui offre l’Européen et non l’Africain ou à consommer le produit européen et non plus africain. Ainsi, les camerounais sont formatés à abandonner leur petit déjeuner traditionnel fait du reste des mets de la veille réchauffés pour un beignet-haricot, c'est-à-dire avec un beignet fait de farine de blé venant de France ou avec du pain, lui aussi fait de farine venant de France avec de la boisson chaude au café strictement lyophilisé et non moulu, avec un transfert conséquent d’argent et donc de richesse de l’Afrique vers l’Europe, même sur les choses les plus impensables. C’est la même chose dans les boissons au soda ou alcoolisées. La bière est faite avec du malt et du houblon, matière première essentielles provenant de l’agriculture européenne. Des leaders appelés « Elites » vont ainsi être formatés pour transformer mêmes les traditions africaines en foyers de consommation des produits devant assurer à l’économie européenne toujours des rentrées d’argents. C’est ainsi que dans une réunion des ressortissants d’un village, la punition contre un membre qui a violé une règle n’est plus de débroussailler une allée du village ou bien  un quelconque travail d’intérêt général au profit de la communauté, mais un casier de bière, c’est-à-dire faire tourner l’économie européenne. Même la mort aujourd’hui au Cameroun est désormais mise au service de l’économie européenne. Les veillées mortuaires ne sont plus des endroits pour pleurer un mort, mais de simples prétextes pour consommer l’alcool dont les matières premières sont venues de France, d’Espagne ou d’Italie et de super-alcool  (whisky et Gin) venus tout droit de Grande Bretagne ou de l’Irlande. Les funérailles ne sont plus des cérémonies au mort, mais des foires à l’alcool de tout genre venu d’Europe.

Voilà comment notre désir d’émancipation a été depuis l’origine orienté à se limiter à une simple liberté de rendre nos prédateurs encore plus forts et puissants grâce à nos comportements de consommateurs abrutis et d’entrepreneurs et industriels africains non suffisamment avisés. Et c’est en cela qu’on comprend très vite que nous ne pouvons pas parler d’indépendance effective de nos pays sans nous poser la question de la maîtrise des enjeux économiques et industriels qui la conditionnent.  Au moment où le petit déjeuner du suédois, du Norvégien, de l’Allemand est composé des produits comme le pain à la farine de seigle, du rôti de porc, du jambon fumée et couronné des omelettes et des œufs cuits à la vapeur, comment a-t-on pu à ce point convaincre l’Afrique qu’il était mieux pour lui d’abandonner son petit déjeuner composé de manioc, de macabo et banane cuits à la vapeur accompagnés d’un bon bouillon pimenté de chèvre, de porc, d’antilope ou biche pour un misérable  plat de beignet-haricot-bouillis, la ration créée à l’origine pour les marginaux européens sans domicile fixe, des déplacés ou réfugiés de guerre et de calamités naturelles ?

Dans l’état actuel des choses, à quelques exceptions près, les entrepreneurs et industriels africains ne sont que des marginaux vivant à l’ombre des maitres européens, qui peuvent décider à tout moment de la vie ou de la mort d’une usine appartenant à un africain. Certains pays africains, pour rompre cette hégémonie européenne sur l’économie africaine se sont trompés de stratégie et on cru bon d’importer des entrepreneurs et industriels pakistanais, indiens, libanais ou chinois récemment, oubliant que le problème ne se situait pas au niveau des personnes, encore moins de leur race, mais plutôt du système de spoliation qui est sur place et que seule une prise de conscience et une nouvelle culture industrielle patriotique africaine peut tenter de démonter.

D’où l’objet de cette formation qui est avant toute chose, la continuation, mais dans l’action après ces 3 années de cours gratuits pour réveiller et conscientiser nos populations à certains enjeux politiques.  

Cette formation est le résultat de mon expérience personnelle comme industriel en Europe, En Asie et en Afrique. Pour vous en sortir, vous ne devez jamais vous comporter comme le système attend de vous. Vous devez être prêt à une sorte de dissidence intellectuelle et professionnelle. Le système m’a formaté pour être un salarié et je suis devenu un patron. Le système m’a formaté pour faire du commerce, je suis devenu un industriel. Le système m’a formaté pour me limiter à un aller étudier en France ou en Grande Bretagne, je suis allé étudier en Italie. Le système m’a formaté pour me limiter dans un aller et venir entre l’Occident et l’Afrique, je suis allé en Asie avant même que n’arrive la mode de l’Asie dont la Chine. A chaque fois, pour émerger des ténèbres dans lesquelles nous sommes trempés depuis des siècles, je devais à chaque fois me re-inventer, me re-créer pour fuir et échapper au contrôle, à la prison mentale que le système dominant voulait exercer en moi. Et cela a demandé beaucoup de sacrifice, cela a conduit à beaucoup d’erreurs, de fautes, de faillites aussi, parce qu’il n’est pas facile pour un pauvre de se dresser seul contre un système qui a besoin qu’il soit misérable, afin de rester corvéable à volonté.  Et cette formation a aussi pour but de vous révéler ces pièges dans lesquels je suis souvent tombé en payant un prix quelque fois exorbitant, afin que vous ne commettiez pas les mêmes erreurs que moi, afin que vous ne fassiez par les mêmes fautes que moi et que vous puissiez avancer beaucoup plus rapidement et plus sûr vers le succès.

Si vous ne vous sentez pas ridicule de poser fièrement devant votre nouvelle voiture tout terrain Toyota Prado, sans vous préoccuper de vous demander comment elle est construite et comment vous pouvez la copier de la même façon grossière et imparfaite pour qu’à la place du mot « Toyota » c’est bien votre nom « Onana » ou « Simo » qui y était inscrit, c’est que vous avez un problème.

Si vous êtes une femme et vous ne vous sentez pas ridicule d’exhiber votre sac à main de marque « Prada » ou « Gucci » sans vous préoccuper avec quel cuir c’est fait et comment, et à aucun moment sentir l’envie et le besoin de copier ce sac, même avec toutes les critiques négatives qu’on vous fera, avec à la place de « Prada » votre propre nom de jeune fille « Beheb » ou « Magne », c’est que vous avez de sérieux problème.

Si à la maison, à la place d’un angle bibliothèque pour avoir à portée de main tous les livres qui vont vous libérer  et vos enfants, vous avez plutôt un angle pour Bar, faisant au passage aux yeux de vos propres enfants une propagande inouïe à l’alcoolisme européen et une incitation à la consommation de drogues, c’est que vous avez de très serieux problèmes.

Si dans tout ce que vous consommez en Afrique, nous ne vous posez jamais la question de savoir quel pourcentage d’argent  vous venez de dépenser, et quelle somme restera dans votre pays et quel autre quittera le pays pour aller enrichir des gens déjà fortunés, c’est que votre cas est sans espoir.

Et si vous totalisez tous ces 4 « Si », c’est que votre situation est mieux décrite dans ma langue Batié en quelque chose qui n’a pas son équivalent en français et se dit « yââh-u Tchié » et qu’on peut de façon imparfaite, traduire en français par « ton esprit est mort, ton esprit a quitté ton corps » et tu n’est plus qu’un corps animé qui végète, un robot qui va et vient pour meubler l’espace, sans aucune initiative personnelle dans les choix qui sont faits, sans aucune prise de conscience sur les gestes qu’on accomplit.

Mettre votre propre marque, votre propre emprunte sur objets, sur les produits et les initiatives économiques pouvant être transmises allègrement aux héritiers pendant des années et même des siècles  est la preuve que vous êtes vivants, est la preuve que votre passage sur cette planète aura eu un réel impact sur la vie des autres humains. C’est cela la mission d’un industriel.

Pendant les prochains jours, avec toute mon équipe, nous vous expliquerons à travers des projets concrets qui ne demandent pas un grand capital, comment il est facile de démarrer dans l’industrie. Nous apprendrons comment réussir la transition vers la micro-industrie de ce qu’on appelle ici au Cameroun le « commerce de cartons », parce que se limitant mouvementer les cartons reçus d’ailleurs, les ouvrir et étaler son contenu.  

J’ai tenu à avoir un nombre conséquent de femmes à cette formation avec des facilités de payement allant jusqu’à un an, afin que le montant exigé ne soit un prétexte de frein pour personne.  Et si pour ce payement en un an, nous n’avons exigé aucune garantie, mais nous contentant d’une simple promesse, c’est parce que tous les participants de cette formation sont désormais une sorte de nouvelle famille, une famille d’industriels, avec des comportements d’industriels et de la solidarité d’industriels qui consiste à aider l’autre à réussir dans son projet parce que c’est la garantie que cette personne aura les moyens de vous venir en aide, si vous en aurez besoin à votre tour.

Le nombre de participant a été limité à 50, afin que nous ayons la possibilité de dialoguer, de converser, d’éclairer le moindre doute de tous les participants, afin d’avoir le maximum de chance d’avoir un taux de réussite honorable des activités que vous créerez.

Le deuxième motif qui m’a poussé à faire cette formation vient de la mutation d’un projet que nous avions fait en 2011 dénommé Afrique2021 et qui a été suspendu parce que les participants étaient le plus souvent des infiltrés. Le pire est arrivé avec la publication de la leçon intitulée « Voici comment l’Afrique va contrôler l’Europe » qui avait pour objectif d’informer et de former les jeunes africains à l’opportunité que représentent les énormes terres agricoles en Afrique, encore en friche. La conséquence de la publication de cette leçon a été l’augmentation dans certains pays comme le Cameroun, de la demande en terres agricoles, pas de la part des camerounais ou d’africains voulant s’installer au Cameroun, mais des ONG occidentales et des entreprises européennes décidés à ne pas laisser les africains profiter de cette aubaine à peine révélée par moi, mais de venir ici au Cameroun eux-mêmes cultiver les différents produits pour alimenter eux-mêmes le marché européen. Ceci pose le problème des destinataires de mes textes qui sont destinés à la jeunesse africaine en priorité, mais on constate qu’ils n’ont pas les moyens pour réagir convenablement dans l’immédiat et au final, sans me rendre compte, j’étais en train de fournir aux prédateurs les armes pour spolier l’Afrique encore de plus belle.  D’où l’idée de cette formation complètement réservée aux africains et leurs conjoints, mais surtout confidentielle.

Cette introduction est la seule partie de la formation qui sera rendue publique. A partir de demain, vous êtes priés d’éteindre même vos téléphones portables avant le début du cours. Nos prédateurs ne doivent pas avoir le cadeau de pouvoir constamment être informés sur notre degré de compréhension du système et de notre maîtrise des instruments pour y faire face. La confidentialité de cette formation est aussi dans votre intérêt, parce qu’en m’abstenant de publier le contenu des leçons, je vous laisse le temps de venir de vrais pionniers dans votre secteur d’activité sans la possibilité d’être bêtement copiés par des gens avec plus de moyens que vous et qui seraient au courant des détails de ce que vous saurez en ces jours.

Lorsque nous avons décidé de créer cette formation de Douala, nous pensions la réserver aux camerounais ou personnes résident au Cameroun. Nous avons eu l’heureuse surprise de l’intérêt de nombreux participants venant de Cote d’Ivoire, du Gabon, du Congo, mais encore plus surprenant sont les participants venant de France, malgré qu’il y a une édition à Paris immédiatement après. Le participant le plus lointain, nous arrive du Japon, un diplomate africain en poste à Tokyo. Cet engouement des africains pour l’industrialisation montre que ces 3 années de Géostratégie Africaine ont porté leurs fruits et si quelqu’un peut payer un billet d’avion pour faire près de 40 heures de vols pour venir ici faire 5 jours de leçon, c’est la preuve de la grande soif des africains de se saisir des instruments de connaissances stratégiques et techniques pour agir en protagonistes dans une Afrique qui est appelée à devenir elle-même une protagoniste sur le plan mondial.

La différence entre le riche et le pauvre sur le plan stratégique est une question d’information, de bonnes informations. Le riche a de bonnes informations et le pauvre n’a pas de bonnes informations. En ces 5 jours, nous tenterons tout notre possible pour vous fournir les bonnes informations. Et la balle sera dans votre camp pour en profiter au maximum ou non. Mais la balle sera dans votre camp et vous n’aurez plus de prétexte possible.

Toute l’équipe et moi sommes convaincus que personne ne pourra développer l’Afrique mieux que nous-mêmes. Personne ne pourra développer l’Afrique à la place des africains. 50 ans de bavardages inutiles et de diversion peuvent suffire. C’est à vous de siffler la fin de la recréation et de faire que l’Afrique soit respectée et non aimée, dans le rapport de force que sont les relations internationales.

Nous serons toujours à vos cotés pour vous accompagner dans cette nouvelle aventure industrielle, parce que nous avons la profonde envie d’afficher votre succès futur comme notre propre trophée, le trophée du courage d’aller contre vents, contre les clichés, contre le consensus généralisé de la médiocrité ambiante.

Certains de vous vont chuter en chemin, mais dans le domaine industriel, l’échec n’est que la partie intégrante du parcours, parce que devant servir pour se surpasser et m’améliorer face à une concurrence qui ne pardonne pas. L’important sera de tomber 100 fois et de ne jamais rester par terre.  C’est la personne qui reste à terre qui est déjà morte. 

Douala, le 22/01/2014

Jean-Paul Pougala

info@geostra.com

tel : (+237)22736418

CALENDRIER DE LA FORMATION POUR LES  DIFFERENTES  PAYS

22-26 Janvier 2014 : Douala (Cameroun)

19-23 Février 2014 : Paris (France)

26/2 – 2 Mars 2014 : Bruxelles (Belgique)

26-30 Mars 2014 : Montréal (Canada)

23-27 Avril 2014 : Nuremberg (Allemagne)

21-26 Mai 2014 : Luanda (Angola)

18-23 Juin 2014 : Rome (Italie)

www.iegeducation.com

pour info : info@geostra.com

N.B: priorité aux membres des clubs "Géostratégie Africaine"

4 commentaires

  1. Thierry a dit:

    Je suis impatient. Merci. Thierry, Toronto

    21/01/2014
    Répondre
  2. Franklin Mbonang a dit:

    J’ai vraiment envie d’y être l’année prochaine !
    Allez de l’avant, première vague !

    23/01/2014
    Répondre
  3. Ben a dit:

    Kudos, professeur Pougala.

    19/08/2014
    Répondre
  4. juliette Bayard a dit:

    Initiative très enrichissante. le souhait de tous les africains est de nous rendre compte de la tromperie dont nous sommes victimes. Allez de l’avant.

    19/08/2014
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