La micro-industrie : chemin oblige vers la prospérité de l’Afrique

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L’Afrique est un continent qui importe l’essentiel de sa consommation, dans pratiquement tous les secteurs, ce qui est une véritable aberration. Les industriels africains sont pour la plupart tournés vers une position d’auxiliaires de l’économie européenne. Ce qui rend la balance commerciale entre l’Afrique et l’Europe déficitaire depuis des décennies. Le modèle économique de rente qui a été laissé et construit à la fin de l’occupation coloniale, reste en vigueur alors qu’il est complètement au détriment de l’Afrique.
Durant 100 ans d’occupation coloniale de l’Afrique par l’Europe, il était interdit aux nationaux africains d’être de vrais protagonistes dans la vie économique du pays.  Aujourd’hui, les choses n’ont pas beaucoup changé. Les intellectuels ont hissé drapeau blanc et ont presque tous choisis de recevoir des ordres plutôt que d’en donner. Ils ont choisi d’être des salariés, exactement comme durant les 100 ans d’occupation coloniale et non des patrons.
Lorsqu’on regarde le classement des plus grandes fortunes en Afrique, cela saute aux yeux que ceux qui sont les plus riches, sont inévitablement ceux qui n’ont pas fait de longues études. D’un côté, cela s’explique du fait qu’ils ont été le moins exposés à la manipulation mentale qui se fait aujourd’hui à travers le modèle d’éducation, un modèle complètement tourné vers le dénigrement du continent africain et l’embellissement de tout ce qui peut être apparenté à l’Europe et ce, de la part même des éducateurs africains.
Un voyage à Paris ou à Londres pendant les congés est comme un vrai pèlerinage, plutôt qu’un retour au village, considéré comme étant exotique, puisque l’Afrique est souvent à tel point abrutie qu’ils considèrent leurs propres pays où ils vivent comme l’étranger, leur vraie patrie de cœur étant bien sûr en Europe.
D’un autre côté, cela répond à une tendance mondiale. Selon le magazine américain Forbes dans son classement des 793 milliardaires que comptait le monde en 2010, les 2/3 provenaient des familles plutôt pauvres et surtout, n’avaient pas continué les études au-delà de 14 ans. L’explication réside dans ce que j’écrivais dans la leçon 62, c’est que plus on avance dans les études, et plus on tombe facilement dans le piège de gagner l’argent très vite, sans transpirer et donc, d’être des salariés, or le salarié est  le seul opérateur économique qui, chaque mois, consomme ou détruit pratiquement tout son capital et donc, mois après mois, années après années, il se retrouve dans un perpétuel recommencement ; alors que l’entrepreneur est plutôt dans une logique de renoncement, de privation, se contentant de ne consommer que le profit et non le capital. Et c’est ce qui va expliquer que sur la liste des milliardaires dans le monde, on trouvera des gens qui ont quitté l’école à 14 ans, mais pas de médecin, d’avocat ou de notaire dès lors qu’ils sont restés dans des activités qui garantissent un revenu certain, mais qui, revers de la médaille, ne permettent pas des revenus extraordinaires. Nous verrons à la fin de cette leçon quelques exemples de ces milliardaires partis de moins que rien.
Mais pourquoi les riches africains, comparés aux riches du monde, sauf quelques exceptions, sont plutôt dans le rang des pauvres ? 1
Lorsqu’on analyse de plus près la constitution des fortunes nationales, on se rend compte malheureusement que la part des nationaux est marginale, très souvent liée au commerce, c’est à dire à la spéculation et non à l’industrie, à la création effective de richesse.  Pendant des années, j’ai installé des usines dans toute l’Afrique. Ce qui m’a le plus marqué pendant presque 15 ans d’activité sur le continent africain était que mes clients étaient surtout des entreprises multinationales ou des étrangers, pour la plupart, européens, iraniens, indiens, libanais, mais rarement africains, que ce soit dans la chimie, l’agroalimentaire ou l’industrie pharmaceutique.
Les nationaux africains sont complètement hors-jeu, avec souvent quelques exceptions au Nigeria et au Cameroun. J’avais aussi remarqué une autre division de l’Afrique sur les nationalités des propriétaires  des usines. Dans les pays d’Afrique francophone les industries appartenaient à près de 90% aux ressortissants français et belges, dans l’Afrique lusophone, les industriels étaient à majorité des Portugais et dans l’Afrique anglophone, ce sont les Britanniques qui se taillent la part du lion. Mais un élément m’avait marqué : Chaque ex-colon s’accompagne d’une sorte de classe intermédiaire de certaines nationalités, ses ex-colonies hors d’Afrique. Ainsi, En Côte d’Ivoire et au Sénégal, on aura une forte communauté libanaise parmi les industriels, au Kenya, en Ouganda ou en Tanzanie, ce sont les Indiens qui vont secondés les Britanniques. En Afrique lusophone, ce sont les Brésiliens qui accompagnaient les industriels portugais. Mais les Africains étaient toujours absents de l’industrie, c’est à dire, absents de là où le patrimoine se forme sur des bases solides pour parcourir plusieurs générations d’héritiers, pour durer des siècles.

POURQUOI CETTE PHOBIE DES AFRICAINS POUR L’INDUSTRIE ?

Il existe à mon avis une manœuvre de manipulation des Africains de la part des Européens qui a beaucoup marché. Et elle consiste en un vrai enfumage élitiste consistant à une véritable mystification du secteur industriel. On a fait croire aux Africains que le secteur industriel était trop compliqué et exigeait tellement de capitaux.  Ce qui n’est pas vrai. L’industrie est juste une autre façon de penser et non penser plus.
Cette manœuvre s’est accompagnée aussi par des comportements du secteur financier et bancaire pour dissuader les Africains de s’impliquer dans l’industrie. Pour bien le comprendre, il faut se déplacer dans les colonies françaises de la Réunion, Guyane et de la Martinique. Dans ces colonies, la classe intermédiaire des Indiens ou des Libanais sur le continent africain, ici, est représenté par les Métis. Oui, vous avez bien compris, les Métis. Nous sommes dans l’odieux système de l’apartheid sud-africain qu’officiellement tous manifestent la proximité avec la bataille de Mandela, mais sur les faits, les Noirs sont exclus. Ce qui m’avait le plus choqué dans ces colonies, c’était le fait que des Noirs qui présentaient un bon projet industriel avec les garanties nécessaires à leurs banques se voyaient découragés d’y penser et à sa place on leur proposait de l’argent pour financer une voiture tout terrain 4×4 ou la dernière berline allemande. Des crédits disponibles pour tout, sauf les moyens de production de richesses.

QUELLES SOLUTIONS ?

Si les banques, qui toutes appartiennent au système jouent contre l’entrée des Africains dans le secteur industriel, comment peuvent-ils contourner cet obstacle pour conquérir leur part du gâteau ? Il faut commencer par la démystification du secteur industriel et ensuite faire fonctionner le cerveau pour entrer dans ce secteur, même sans capitaux. Et nous allons voir comment.

DEMYSTIFICATION

Lorsqu’on pose la question aux opérateurs économiques en Afrique de savoir ce qu’est l’industrie, la plupart d’entre eux répondent qu’il s’agit d’une grande usine qui emploie des centaines d’employés et dispose de dizaines de machines, de voitures et qui coûte des millions d’Euros, des milliards de Francs CFA. Ce qui est faux.
L’industrie ne se définit pas par rapport à son capital ou à la quantité de son personnel, mais à l’objet de son existence. Le dictionnaire définit l’industrie comme : « un ensemble d’opérations qui concourent à la production de la richesse par la transformation des matières premières ».
Tentons de décrypter sur le plan économique cette définition et commençons par la dernière partie : « transformation de matières premières ». Transformer la matière première peut se faire même sans machine. Ici, il s’agit de présenter sur le marché un produit qui ne soit plus dans sa forme originale, primaire, dans son conditionnement naturel. Sur le plan pratique, si vous récoltez le maïs aux champs, vous le cuisinez et le servez à vos clients, nous sommes en face d’une industrie. Parce que vous avez effectué une opération de transformation.
A l’origine, ce maïs n’est pas cuit. Le seul fait de le cuire et de le proposer sur un marché qui l’accepte, est ce processus qu’on appelle en économie : « la création de la richesse », parce que votre action a ajouté de la valeur au maïs initial. Et cette valeur est reconnue par des clients potentiels prêts à payer quelque chose en plus pour l’acheter et c’est ce quelque chose en plus qu’on appelle « la plus-value ». À ne pas confondre avec le « profit » qui lui est présent partout, même dans le commerce tout court ou dans la pure spéculation financière.
Si votre maïs plaît à toujours plus de monde, la marmite et votre cuisine où vous avez démarré ne va plus suffire. Il vous faudra un local plus grand. Au début vous étiez le seul employé, pour cuire et livrer toujours plus de clients et en même temps cuisiner ; maintenant, vous seul ne suffisez plus. Il faut recruter de nouveaux collaborateurs.  Ensuite vous vous rendez compte qu’il est bête de vous limiter à quelques fournisseurs de maïs qui ne respectent pas leurs engagements alors que vos clients vous attendent. Vous comprenez donc que vous avez besoin de vos propres plantations de maïs, avec un nouveau personnel pour s’en occuper convenablement et vous livrer selon les délais bien précis correspondant à vos exigences.
Ensuite vous voudrez être présent sur le marché toute l’année, c’est-à-dire, pendant 12 mois et non plus juste 2-3 mois. Alors, vous ne vous contentez plus de la pluie pour arroser votre champs, mais vous l’irriguez afin d’avoir 3-4 récoltes par an.
Les salaires que vous verserez à tous ces collaborateurs concourent à la création effective de richesse, parce que non seulement vous donnez une plus-value à un produit, mais tous les salaires versés permettront d’acheter des produits, d’envoyer des enfants à l’école, d’hospitaliser des malades etc. Vous seuls, avec votre idée initiale de maïs aurez réussi à faire bouger et vivre tout un monde. C’est comme ça que naît une industrie et c’est comme ça que les 2/3 des milliardaires du classement de Forbes ont commencé.

POURQUOI CONVERTIR LES PETITS COMMERCANTS EN INDUSTRIELS N’EST PAS UNE FOLLIE ?

Cette idée m’est venue en étudiant avec attention la biographie des plus grands milliardaires dans le monde. Trois choses m’ont très vite touché :
PAUVRETÉ : la grande majorité des milliardaires que le monde compte étaient des pauvres avant. Mais ce qui est intéressant n’est pas de le découvrir, mais plutôt de comprendre pourquoi un pauvre aurait-il plus de chance de devenir milliardaire qu’un nanti ? Tout simplement parce qu’ayant connu la misère, il n’est pas dans la compétition inutile de voir qui a le bateau le plus long, le jet privé le plus beau ou le château avec le plus grand nombre de chambres. Ensuite parce que lorsqu’un pauvre refuse la misère, et se bat pour en sortir, l’exercice qu’il est obligé de faire pour sortir du trou et remonter la pente abrupte est comme un entraînement pour un marathon qui, débuté pour lui depuis l’enfance, le place nécessairement en situation d’avantage incontesté, devant d’autres concurrents qui auront démarré leur entraînement, leur marathon, 20 ans plus tard. Et refuser la misère, c’est avant tout refuser la fatalité, c’est refuser de croire que notre bonheur ou notre malheur dépend forcément d’une force invisible hors de notre contrôle. Refuser la fatalité, c’est avoir confiance en soi-même et l’envie d’y arriver, coûte que coûte.
L’ORIGINALITÉ : C’est en étudiant les éléments qui ont porté chacun de ces milliardaires au succès, à la gloire économique, qu’on se rend vite compte qu’ils ont tous des similitudes, ils ont tous quelque chose en commun qui manque aux Africains pour suivre la même route. Et la première condition pour passer de la pauvreté à cet état, ce n’est pas les heures de travail dédiées pour y parvenir, ce n’est pas l’argent investi, c’est l’originalité de l’idée de départ. En Afrique, on a souvent l’impression que les gens ont peur d’utiliser leur cerveau pour réfléchir, pour inventer de nouvelles solutions. On démarre une affaire non pas parce qu’on s’est regardé autour pour comprendre les manquements, les problèmes nécessitant des solutions à inventer. Non, rien de tout ça. On démarre le plus souvent une initiative d’entreprise parce qu’on a vu le voisin faire, parce qu’on a vu au journal télévisé, parce qu’on a lu dans un journal, parce que tout le monde en parle.  Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’on ne s’enrichit jamais avec l’idée de monsieur tout le monde. Les Africains ont une fâcheuse tendance à se comporter comme des moutons. Lorsqu’en 1985, je choisis d’aller étudier en Italie, c’est surtout parce que je ne voulais pas suivre la vague, tous les étudiants avaient seulement une destination : aller étudier en France. Et puis la mode était les USA, ensuite, l’Italie. Lorsqu’on observait les filières suivies par les étudiants, à 90% ils n’étudiaient que 2 facultés : médecine et pharmacie. Au point où  dans les années 90, c’est le Docteur Muna, président de l’ordre des médecins qui avait tiré la sonnette d’alarme, pour supplier les parents de ne plus envoyer leurs enfants étudier en médecine, parce qu’il y avait pléthore de médecins, sans les hôpitaux pour les accueillir tous. Voilà le genre de comportement de suivistes qu’ont les Africains depuis le niveau élevé des intellectuels jusqu’au niveau des entrepreneurs. Alors que pour s’en sortir, il faut savoir faire la différence et non suivre la vague.
PATRIOTISME : Il y a quelque chose qui caractérise les plus grands milliardaires du monde, lorsqu’on lit leurs biographies : ils aiment tous leur pays. Je sais que quelqu’un dira que lui aussi aimerait son pays s’il devenait milliardaire. La différence est que si vous détestez votre pays, si vous vous réveillez chaque matin convaincu que si vous n’avez pas d’argent, c’est forcément la faute  des politiciens, de l’État, des Bassa, Baoulé, Bétis, Bamiléké, Haoussa, Malinké, Fang, Bantous etc. vous êtes durablement installés dans une logique défaitiste et il ne peut pas y avoir de miracle pour vous sortir de votre trou. Si par contre vous avez réussi à cultiver un sens aigu de l’amour de votre village, de votre pays, vous vous sentirez pousser des ailes pour réaliser des prouesses afin de prouver que votre pays est aussi devant. C’est cette condition qui nous pousse à préférer ceux qui sont déjà acquis à la « Géostratégie Africaine », parce qu’ils sont déjà dans une logique de recherche de la réussite et prêts à attribuer à eux-mêmes les raisons de leurs défaites et non au monde entier.
L’HUMILITÉ : Il existe des parvenus dont les pieds ne touchent plus le sol à peine ils ont l’impression d’avoir quelque chose de plus que les autres. Dans le monde de l’entreprise, ce qui m’a toujours touché c’est de constater que les riches, les vrais milliardaires pour la plupart, surtout ceux partis de zéro, sont les personnes les plus humbles de la planète. Parce que le fait d’avoir touché le fond est le plus grand enseignement sur la condition humaine qui n’est que vanité. Le plus grand riche d’Espagne Amancio que nous verrons plus bas, continue encore aujourd’hui à aller dîner tous les jours avec ses employés, assis aux mêmes bancs, mangeant le même repas. Seul son âge permet aujourd’hui de le distinguer, mais il y a 30 ans, personne ne pouvait en entrant, savoir qui était le patron. Sa dernière interview à une télévision remonte à 2001. L’homme est d’une discrétion incroyable.

QUELQUES MILLIARDAIRES QUI PEUVENT NOUS INSPIRER (chiffres : 2010)

1- LEONARDO DEL VECCHIO : Italien, 76 ans, (Il est né à Milan le 22 Mai 1935), 71ème fortune mondiale selon Forbes et 54ème selon l’Agence Bloomberg avec 6,3 milliards de dollars de revenu annuel et 15,3 milliards de chiffre d’affaires de ses entreprises. Deuxième plus riche d’Italie, derrière Ferrero (chocolat Kinder) et devant PRADA.
5 mois avant sa naissance, son père décède. Il arrive au monde dans une condition de misère déplorable, parce qu’ qu’avec la mort du père, la mère doit gérer toute seule 4 enfants. Et sa mère qui n’a même pas assez d’argent pour faire manger suffisamment tous ces enfants est obligée de le placer en orphelinat,  en espérant qu’un riche viendrait l’adopter afin qu’il connaisse autre chose que l’atroce misère familiale dans le Milan de la Seconde Guerre mondiale où il manque de tout, surtout de pain. Mais personne ne voudra du petit Del Vecchio. Il restera ainsi à l’orphelinat Martinitt de Milan jusqu’à l’âge de 14 ans. C’est l’âge légal pour travailler. Les sœurs catholiques qui l’ont élevé décident de l’envoyer dans une usine de Milan où il est fait apprenti. L’usine fabrique des pièces de rechange pour l’automobile et la lunetterie. Le jeune garçon, qui préfère de loin le travail à l’usine à l’orphelinat, travaille aussi assidûment que possible. Alors le propriétaire décide de l’envoyer à l’Académie des Beaux-Arts de Brera, au n° 28 de la rue Brera à Milan pour apprendre à dessiner et graver.
A la fin de sa formation, le jeune apprenti rentre à l’usine où son salaire est augmenté. En 1958, Del Vecchio, n’a pas beaucoup d’argent, mais ne veut plus être salarié. À Milan la location coûte trop cher. Il décide alors d’aller dans un petit village de Belluno appelé Agrodo où il ouvre son premier atelier, où il dessine, fabrique et vend lui-même ses montures  de lunettes. Il n’a pas d’argent pour recruter un employé pour l’aider et donc, il démarre tout seul et réalise seul toutes les étapes.
En 1961, c’est la naissance de Luxottica (optique de luxe). Les frais non élevés de location lui permettent d’être tranquille sur le plan des coûts. Del Vecchio sait bien que s’il a l’avantage de payer peu de frais de location, en revanche, il n’a pas beaucoup de clients dans un si petit village. Son coup de génie consiste de transformer ce qui à première vue est un handicap en avantage. Comment ?
Il se rend à Milan, à Via Monte Napoleone, les Champs-Élysées de Milan où sont représentées tous les plus grands magasins de luxe. Il veut bien rivaliser avec toutes ces grandes marques, mais il n’a même pas les moyens d’avoir une seule boutique à Milan. Et c’est ici que la formation limitée laisse place au génie. L’École enseigne la confrontation, la guerre. S’il avait fait des études commerciales ou de marketing, il aurait tout simplement appris que sa survie dépend de la mort des concurrents. Mais il n’a pas dans la tête trop de stratégies de marketing. Il décide alors de jouer petit, de se faire tout petit. Il doit répondre à la question : comment être présent à via Monte Napoleone sans argent ? La réponse est toute trouvée :
Il recopie les noms de toutes les marques présentes à cette avenue et va voir ses concurrents qui les possèdent, à qui il présente ses réalisations et leur propose tout simplement de collaborer afin qu’il reproduise ses collections pour eux, avec leurs marques. C’est cette technique qu’il va utiliser pour se développer petit à petit et au final, aujourd’hui, son entreprise qui a été cotée à la bourse de New York en 1990 avec le code LUX, produit pour le compte de nombreuses marques prestigieuses comme : Brooks Brothers, Bulgari, Chanel, Dolce & Gabbana, Emporio Armani, Giorgio Armani, Paul Smith, Prada, Ralph Lauren, Tiffany & Co., Versace etc… Elle est propriétaire d’une dizaine de marques, dont les plus prestigieuses sont : Persol, Ray-Ban, Vogue-Eyewear, selon les chiffres au bilan de 2008, Luxottica comptait un total de 6 250 boutiques dans 120 pays, se consolidant comme le premier producteur mondial des lunettes, et son propriétaire parti de rien, comme la deuxième fortune d’Italie.

2- AMANCIO ORTEGA : Espagnol, Amancio est né le 28 mars 1936. Fils d’un cheminot, il est obligé de quitter l’école à 14 ans, parce que son père n’a pas d’argent pour payer ses études. Il va donc travailler dans une boutique de textile comme coursier. Il donne des coups de main pour mettre un bouton, faire un ourlet, coudre une fente… Pendant 13 années, il observera le magasin de luxe et le comportement des riches qui le fréquentent. Il comprend qu’il y a une faille : le magasin n’a pas beaucoup de clients, tout simplement parce que les riches ne sont pas aussi nombreux que la population.
En 1966, il épouse Rosalia Mera, qui n’a que 22 ans et a quitté l’école à l’âge de 11 ans pour manque d’argent. Et depuis ses 13 ans, elle est couturière dans une entreprise de sa ville natale, La Corogne. Les deux amoureux vont vivre dans la plus grande misère pendant 7 ans, puisqu’ils n’ont aucun diplôme, ils sont tous les deux classés comme  des apprentis. Jusqu’en 1973 lorsqu’ils en ont marre. Ils vont claquer la porte et lancer leur propre affaire. Ils se partagent les taches. Amancio, qui était coursier dans l’autre société, fera le commerce et Rosalia Mera restera à la maison où elle coudra les vêtements dans un angle de la maison, avec leur propre marque : sur les habits, que Rosalba coud, dénommée : GOA. C’est le nom du mari, mais à l’envers : Amancio Ortega Gaona.
Deux ans après, ils ont épargné assez d’argent pour louer leur première boutique et c’est en 1975 que la boutique va prendre le nom de Zara. Le coup de génie du couple c’est de démocratiser les habits de luxe. Et ça marche. Ils vont commencer par les peignoirs avant de s’attaquer à la caisse : les robes pour femmes.
Aujourd’hui, Amancio est le plus riche d’Espagne avec une fortune estimée à 31 milliards de dollars, 7ème fortune mondiale. L’homme est réputé très discret. Sa fille Marta qui doit bientôt hériter de tout ça a été formée de manière étrange : avec un faux nom, elle a été pendant des années simple vendeuse au comptoir d’une des 2 000 boutiques du groupe de son père. Et pendant tout ce temps, devait apprendre à se débrouiller avec son salaire que son supérieur lui versait chaque mois, sans se douter qu’il avait affaire à sa patronne de demain. En 2011, son groupe Inditex qui contrôle déjà 10 magasins à New York, va faire une acquisition qui va faire parler les journaux : 3600 m2 de boutique au cœur de Manhattan pour 324 millions de dollars.
Rosalia Mera, qui était classée comme 3ème fortune d’Espagne et considérée par Forbes, comme la self-made woman la plus riche du monde avec 4,5 milliards de dollars (195ème fortune du monde), nous a quitté le 15 août 2013 à l’âge de 69 ans, suite à un arrêt cardiaque dû à une attaque cérébrale, jeudi 15 août 2013 vers 20h30 à l’hôpital San Rafael de La Corogne.

3- OPRAH GAIL WINFREY : Oprah nait le 29 janvier 1954 dans le quartier le plus pauvre de Kosciusko dans l’État du Mississippi aux États-Unis, d’une grossesse non désirée entre deux adolescents qui étaient à leur toute première expérience sexuelle. Elle est immédiatement abandonnée auprès de sa grand-mère par sa mère encore adolescente, qui prend aussitôt le chemin de l’exil vers le Nord des États-Unis, vers Chicago où pour permettre de nourrir sa fille devient domestique de maison. La grand-mère, très religieuse, lui donne le nom de Orpah, tiré tout droit de l’ancienne bible hébraïque, le Livre de Ruth. Mais c’est la sage-femme qui va inverser la place du « R » pour en faire Oprah. Mais pourquoi la grand-mère voulait ce nom des plus inconnus ?
Le Livre de Ruth nous raconte ceci : Pour fuir la famine, le couple Elimélech et Naomi ont quitté leur pays, la Judée pour s’installer à Moad où ils ont deux fils : Malchon et Chiljon. Ils ont deux épouses : Ruth et Orpah. Les deux frères meurent ensemble.
Naomi demande alors aux deux belles filles de rentrer ensemble en Judée. Orpah refuse et devient une sorte de tête brulée, alors que Ruth accepte et elle y rencontrera un homme dénommé Booz qu’elle épouse avec la bénédiction de Naomi. C’est pour cela qu’il va raffler tout l’héritage d’Elimélech, (puisque la femme n’hérite pas). Avec Ruth, ils auront un enfant Obed, ce dernier enfantera Jessé et ce dernier sera le père du roi David, le grand patriarche du peuple d’Israél. Et d’Orpah la rebelle, devenue vagabonde, plus aucune nouvelle. C’est peut-être le destin que la grand-mère voyait pour la petite Oprah.  Mais les choses vont aller tout différemment. Et comment ?
Oprah reste pendant ses 6 premières années chez sa grand-mère, qui vivant dans une misère extrême, n’a même pas l’argent pour lui acheter des vêtements. Alors, elle a une idée : prendre les vieux sacs de pommes de terre pour coudre les robes de la petite Oprah. Mauvais choix. Cette prouesse artistique de la grand-mère va transformer sa petite fille en objet de risée de tout le quartier. Humiliée à cause de sa misère et sans amie, elle va se refermer sur elle-même avec sa poupée à qui elle parle toute la journée. La poupée ne pouvant répondre, elle parle pour elle et parle pour la poupée. Et c’est exercice de locution et d’articulation de la voix dès l’âge de 3 ans sera le vrai joker d’Oprah, qui après avoir travaillé dans les épiceries pour payer ses études, va plutôt se tourner vers la radio où elle parle comme une pro, jusqu’à son premier programme de télévision nationale. Oprah a une émission moribonde l’après-midi où l’audience dégringole depuis et elle va doubler son score en peu de temps. Très vite, elle va refuser le contrat qui le liait à son premier producteur, pour être sa propre patronne et produire elle-même ses émissions. C’est ce qui fera d’elle la toute première self-made woman la plus riche du monde selon le magazine Forbes avec une fortune évaluée à 2,7 milliards de dollars en 2011.

Avant d’en arriver là, elle a vraiment vu de cru et de cuit dans sa vie.

Sans père, qu’elle ne connaît pas, ni mère, à la recherche de sa propre survie, Oprah habite chez un oncle où elle est violée dès l’âge de 9 ans par 3 hommes : son cousin, son oncle et un ami de la famille. A 13 ans elle est enceinte. Elle va accoucher d’un garçon à l’âge de 14 ans. Cet enfant va mourir peu de temps après. A 18 ans, elle tombe amoureuse de son camarade du lycée Anthony Otey. Les deux ont prévu de se marier. Et le jour de la Saint Valentin, c’est Oprah qui a préparé la surprise pour lui. Elle lui explique que pour elle, l’amour est un luxe qu’elle ne peut pas se permettre, parce qu’il faut qu’elle lutte pour survivre. Et que pour cela, elle ne trouvait aucun espace à l’amour. Mais comme le raconte ce dernier avec ses propres mots, « Elle m’a dit qu’elle allait me quitter parce qu’elle n’avait pas de temps pour une relation amoureuse. Nous nous sommes assis là et avons pleuré. Elle a brisé mon cœur. »
Comme Del Vecchio et Armancio, Oprah a apporté l’originalité à son spectacle : alors que les télévisions n’invitaient que des gens célèbres, Oprah a commencé à inviter les gens normaux, les parfaits inconnus venant des coins les plus reculés des USA. Et les spectateurs se sont vite identifiés à ces personnages. D’où le succès de son show qui est arrivé à un record de 100 millions de téléspectateurs pour une émission aux USA.

QUELLES LEÇONS POUR L’AFRIQUE ?

En Afrique, on est fier d’afficher qu’on est docteur, professeur, médecin, avocat, notaire etc. Lorsque je signe mes textes : Ex-vendeur d’arachides, ex-pousseur, ex-docker, ex-photographe ambulant etc. il y a des gens qui sont mal-à-l’aise. Mais mon vrai message est celui des 3 personnages que je viens de citer et c’est-à-dire que ce n’est pas parce qu’on est aujourd’hui pousseur qu’on va le rester, ce n’est pas parce qu’on est benskineur aujourd’hui qu’on va le rester. Au contraire, ceux qui ont souffert, pour peu qu’ils ont pris conscience de la laideur, de la souffrance et de la misère, sont mieux portés à réussir que les autres. Parce que la route vers la réussite est comme une revanche contre les adversités passées de la vie. On est obligé de réussir parce qu’on a trop de comptes à régler avec tous ceux qui nous ont fermé la porte un jour, tous ceux qui nous ont piétinés, tous ceux qui nous ont craché dessus. La réussite s’impose pour nous donner la joie d’envoyer balader tous ceux qui ont dit un jour que nous étions des nuls, des bâtards, des orphelins et comme on me l’a dit un jour, des cafards.
Les Africains ont la fâcheuse habitude de croire et de faire croire qu’ils sont les seuls au monde qui souffrent. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que dans le monde entier les gens souffrent, il y a des drames humains, liés à la mort d’un proche, mais aussi à des événements qui mettent à rude épreuve la solidité des couples, des familles. Mais devant tout cela, il y a ceux qui abdiquent et ceux qui refusent la fatalité. La question la plus importante à se poser aurait dû être pour les pays africains : lorsque je vais mendier à des Européens ou Américains, comment me trouvent-ils ? RIDICULES. Oui, vous l’avez bien lu, à leurs yeux, nous sommes ridicules. Parce que lorsque devant la misère, nous déléguons nos charges à une autre personne et sans vergogne, aux yeux de cette personne, nous ne mériterons jamais de respect, parce que nous sommes minables par de tels comportements. Surtout qu’habituellement, ce sont les pays qui ont leurs propres pauvres et qui ne savent pas comment venir à bout de la misère domestique qui ont ce genre de comportement. Ou alors, ce sont des pays surendettés et qui ne savent pas comment faire pour rembourser leur dette et ne plus en avoir. Il y a quelques années, dans le cadre d’une relation professionnelle avec une ambassade à Yaoundé, au Cameroun, mon interlocuteur m’avait montré une pile de dossiers faits de demandes d’aide financière provenant des partis politiques camerounais. J’avais été très choqué parce que lorsqu’un parti politique écrit à une ambassade étrangère pour demander de l’argent, c’est que ce parti est en train d’offrir ses services de vendre le pays s’il a le pouvoir. Au-delà de cette indignation dont les moins avertis ne peuvent pas comprendre  la gravité, il reste un fait : les Africains pour la plupart ont accepté la misère, la soumission. La preuve est le fait que même l’école forme plus les jeunes Africains à recevoir les ordres qu’à en donner. C’est ce qui va expliquer que décrocher comme on dit, un emploi bien payé mérite souvent une célébration par tout un village. Mais si vous posez la question de savoir : que signifie « bien payé » ? Vous vous rendrez compte que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.  Et nous n’avons pas encore touché le fond du puits. Il y a des intellectuels africains qui croient que les ambassades des pays européens ou nord-américains en Afrique sont au-dessus de leur président de la république. C’est le sommet de la stupidité humaine. Certains vont jusqu’à contester ou protester auprès des ambassades occidentales en Afrique les attributions des marchés publiques par les autorités de leur propre pays. C’est en tout cas ce que j’ai découvert en tombant  sur une correspondance, datée du 16 Mars 1998 et signée de la main du premier secrétaire de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique à Yaoundé,  Liam J. Humphreys répondant  à un Camerounais en ces termes :

«L’Ambassadeur Twining m’a chargé de répondre à la lettre que vous lui avez adressée le 3 février 1998 et dans laquelle vous lui avez fait part de vos difficultés à faire adopter vos projets par le Gouvernement camerounais.

Je vous remercie de votre lettre et de la confiance que vous placée en notre Ambassade. Je vous informe avec regret qu’en tant que mission diplomatique, l’Ambassade des États-Unis n’intervient pas dans le processus d’attribution des marchés au Cameroun. »

Cette lettre d’un intellectuel camerounais à une ambassade étrangère dans son pays est la preuve même que non seulement nous n’avons pas pris le temps de bien apprendre les règles du jeu, mais pire, nous ne savons même pas à quel jeu on nous a invité à jouer depuis l’esclavage jusqu’aujourd’hui, en passant par la colonisation.
La formation d’une semaine que nous nous proposons de dispenser à partir du mois de Janvier 2014 sert à ouvrir les yeux de nos jeunes face au jeu dans tous ses contours avant même de toucher ses règles qui sont bien évidemment truquées et comment faire pour tirer avec, son épingle du jeu.
Nous n’aurons pas de milliardaires sortis de nos rangs, mais nous voulons tout au moins viser les hautes cimes pour ensuite atteindre au moins les petits sommets.
Le Cameroun, à l’image d’une bonne partie de l’Afrique est en train de devenir un émirat pétrolier très riche. Si rien n’est fait dès aujourd’hui pour former nos jeunes à la création de la richesse, pour leur permettre d’accompagner convenablement les bouleversements économiques qui arrivent, nous risquons de nous retrouver dans des situations paradoxalement déplorables qu’on a vues ailleurs comme au Qatar, à Barhein  où en Arabie Saoudite où le flux énorme d’argent du pétrole n’a fait profiter qu’à une poignée d’individus, tous appartenant à la famille royale, les seuls qui ont été formés à maîtriser certains rouages de l’économie moderne en présence de tant d’argent, alors que le peuple continue de compatir dans la misère.

FORMATION EN GEOSTRATEGIE AFRICAINE D’UNE SEMAINE SUR LE THEME :  INVENTER LES INDUSTRIES AFRICAINS DE DEMAIN. 

À partir du mois de Janvier 2014, nous démarrons une série de formations réservées aux membres des différents clubs de « Géostratégie Africaine » éparpillés sur le territoire camerounais. Le défi est de transformer des vendeurs à la sauvette, des moto-taximen en industriels, en décortiquant et rendant accessible à cette couche de population, la culture  industrielle. Nous avons ciblé des secteurs qui ne nécessitent pas d’un grand capital de départ, pour lesquels nous avons collecté des secrets de fabrication, des brevets, mis au clair les enjeux internationaux, les pièges à éviter etc. Nous  parlerons des projets industriels viables au Cameroun à démarrer avec 1 million de Francs CFA de capital, 5 millions et 10 millions. À première vue, ce défi peut sembler fou ou inutile. Mais il ne l’est pas, et pour les motifs que nous verrons en cours.
Nous débuterons avec une semaine de cours à Douala et suivie par une autre semaine à Yaoundé. Cette première édition sera réservée à tous ceux qui ont déjà des notions élémentaires de géostratégie, inscrits dans l’un des nombreux clubs des deux villes, ou ceux qui ont déjà assisté à l’une de mes nombreuses conférences en terre camerounaise. Vous n’avez besoin de rien faire. Nous avons tous vos noms, c’est nous qui vous contacterons. Mais si vous n’avez pas été contacté avant la fin du mois d’Octobre, merci de nous le signaler en précisant la date de votre inscription à l’un de nos clubs, ce qui vous donne le droit de participer à cette première édition. Ce choix est dicté par la nécessité de former ceux qui ont déjà débuté un parcours initiatique dans le patriotisme africain qu’est cette Géostratégie Africaine.  Tous les cours étant orientés vers la préparation de l’individu qui devient un leader économique pour être mieux à même de participer à la construction de la fierté du pays basée sur la prospérité de demain.
Pour les autres, si vous résidez au Cameroun vous pouvez nous envoyer votre prés-inscription par émail en nous précisant vos noms et prénoms, profession, âge, propre profession actuelle à info@geostra.com   ou appeler le : (+237)22736418
Nous accorderons une priorité aux travailleurs indépendants comme vendeurs à la sauvette, commerçants, benskineurs, agriculteurs etc . Les  frais de participation vous seront communiqués ultérieurement.

 

Douala, le 07/10/2013
Jean-Paul Pougala

6 commentaires

  1. pauline a dit:

    Heureuse Année 2015

    Bonjour

    Je ne viens pas faire la pub, la plus part de ceux qui se disent prêteurs sont tous des escros je suis a la recherche de prêt ça fait 2 ans,je me suis fait escroqué par les genres. Grace a une amie j ‘ai contacte un monsieur qui m a aidé un prèt de 98 000 euros après plusieurs refuse de m accordé un pret par ma banque. Vos banque refuse de vous accordez de pret,vous etes en CDI et autre de vous adressez à lui et vous serrez satisfait mais attention à vous qui n’aimez pas rembourser les prêts. Voici son e-mail: delvall.marcel@gmail.com. Contacte le au +(33) 06 37 46 24 43.

    05/01/2015
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  2. Muungano a dit:

    Bonjour prof,

    Dans tes écris, tu dénigres beaucoup le salariat, étant moi-même salarié actuellement, je met de côté pour monter mon projet industriel. Je comprends pas en quoi c’est un problème de passer par le salariat comme une étape avant de tenter des aventures industrielles. Je comprends pour le fait de vouloir le rester à vie que c’est problématique, mais pas comme une étape.

    Autre point que je trouve confus, je comprends pas non plus alors que tu es toi même professeur, de dénigrer les salariés, un fonctionnaire perçoit un traitement au même titre qu’un salarié un salaire. Ce n’est pas grave, l’important est de s’atteler à être suffisamment sur le terrain pour faire tourner les industries et répondre aux problèmes par les actes.

    Le problème pour moi n’est pas le salariat mais le fait de croire qu’on ne peut pas être autre chose que salarié et là c’est réellement un problème en effet. Mais dans tes écris j’ai l’impression que tu mets tout le monde dans le même panier, même les futurs industriels qui passent par une phase salariale. Et je trouve cela dommage puisque parmi les 95% de salariés que compte notre population il y a forcément de futurs industriels qui se préparent ou qui s’ignorent.

    Effectivement j’ai reçu une éducation qui m’a amené à l’université et puis au salariat, qu’importe, j’ai tiré les leçons et je ferai en sorte que ceux qui reçoivent mon retour d’expérience aient un parcours plus stratégique, plus rapide, plus serein.
    En ce qui me concerne lorsque j’en aurai les moyens et si mes entreprises fonctionnent bien, je prendrai soin d’inciter les salariés qui ont le potentiel à se reconvertir plutôt que juste leur dire qu’ils sont des esclaves comme les autres, je trouve que c’est aller un peu vite.

    Je crois que c’est là le vrai enjeux. Aller de l’avant plutôt que de s’alarmer sur ce qui a manqué hier. Voilà mon opinion. On changera, mais il faut bien accepter de partir de quelque part.
    L’important dans la vie, c’est d’avancer.

    Muungano Kuoka.

    12/05/2016
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    • Jean-Paul Pougala a dit:

      Muungano Kuoka, j’ai décidé de ne plus faire ce genre de débats. Si tu veux te jeter à l’eau, je n’y peux rien. Je ne gagne rien à te convaincre que tu aurais dû avoir une autre démarche. C’est ta liberté la plus absolue de faire de ta vie ce que tu veux. Pour les 95% des africains qui sont des salariés, tu es en train de donner toi-même les raisons pour lesquelles nous sommes à la trainée du monde. Si ce modèle avait marché, ça se saurait. Je veux juste t’inviter à une réflexion toute petite : les 100% de personnes qui quittent le Liban pour émigrer au Sénégal ou au Cameroun y vont pour devenir bas des patrons, des hommes et femmes d’affaires. Au même moment, les 95 de sénégalais et camerounais qui obtiennent un visa pour émigrer au Liban ou en France y vont pour devenir labqs des salariés. Est-ce que les émigrés libanais ou français sont pire lotis en Afrique que les africains salariés hors d’Afrique ? La vérité est que le salariat est un vrai piège pour les personnes excellentes. Elles s’y installent dans l’espoir de dégager un capital. ce qu’elles ne savent pas est que le salarié est programmer pour ne rien épargner. Les factures sont là pour leur rappeler qu’il faut se mettre à genou. Mais lorsqu’on est une personne à intelligence moyenne ou médiocre, ce qui n’a rien à voir avec les diplômes, je suis le premier à conseiller le salariat.

      13/05/2016
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      • Muungano a dit:

        Ce n’est pas un débat inutile parce que ça m’intéresse vraiment et que sûrement, ça questionnera beaucoup d’afrodescendants aussi et que je serai amené à rencontrer. Je pense que c’est important de prendre le temps sur des questions essentielles comme celles-là quand on sait combien on est à être salariés.

        Pour être sûr d’être clair je vais préciser une chose qui me semble essentielle. Il y a au moins 150 millions d’afrodescendants à travers le monde. Tu me parles des migrants qui viennent d’Afrique vers l’étranger (europe, usa, chine, etc.). C’est une vraie question effectivement, mais en fait c’est hors sujet dans mon cas. Je suis un afrodescendants qui a grandi à l’étranger pour qui ces questions de migration échappent un peu par rapport à ma propre expérience de la vie.

        Quant au salariat dans la vie d’adulte, cela ne permet pas de dégager un capital immense effectivement, il permet simplement de dégager quelques économies pour se lancer. La constitution du vrai capital se fait ensuite sur le terrain, on est d’accord et c’est assez évident.
        Mais avant d’en arriver à ce stade, tu peux t’organiser pour dégager au moins 3 ou 4 mille euros en un an pour te lancer en Afrique. C’est largement faisable et c’est une question de volonté, je le sais puisque j’ai réussi à le faire en moins d’un an. Je parle encore une fois dans le cadre d’un afrodescendant qui a grandi à l’étranger, donc pas de question de voyages et de visa, etc.

        Revenons à mon capital, comment je suis arrivé à le constituer ?
        Tu me parles des factures et des impôts, oui c’est vrai, ça coûte beaucoup, je te rejoins.
        Mais que dire de l’argent dépensée dans les fast food et autres restaurants ? De l’alcool et autres idioties qui ruinent l’autofinancement ? Des vêtements et des dépenses inutiles, du logement à 600 euros par mois au lieu de choisir le logement le plus modeste possible voire d’habiter chez un ami, même temporairement, et pour les factures et impôts, que dire de toute la consommation inutile, même d’énergie et d’eau ?
        Je n’ai pas eu besoin de sortir ma calculette pour comprendre alors que ça représente plus de 3 à 4 mille euros par an.

        J’ignore d’où te vient une telle aversion pour le salariat mais il est une chose évidente : sur 150 millions d’afrodescendants à travers le monde, de toutes les façons, il y en a forcément qui passeront par là avant de devenir patrons. Il est important de s’intéresser à ces gens-là, car les laisser de côté en disant qu’ils ont coulé n’arrangera certainement pas grand chose.
        Qui leur demandera s’ils ont été salarié quand ils feront couler leur premier jus de raisin sorti tout droit du village ? Qui leur demandera s’ils ont été salarié quand ils ouvriront leur premier restaurant ou leur première boulangerie d’un long réseau à venir ? Qui leur demandera s’ils ont été salarié, quand ils seront présents et bien actifs sur le terrain ? Qui se posera encore la question dans 15 ans ? Combien de patrons derrière ces CV ? Je me pose sincèrement la question. Et je finirai par le savoir. Tu as perdu espoir de ce côté là, moi, je garde espoir, et je nourrie même un certain espoir.

        Je ne doute pas que nos enfants seront mieux formés que nous à la création de richesse car ils auront grandit à côté de patrons éclairés par leur expérience du monde. Quoiqu’il en soit, les changements de comportement les plus profonds se font dans la durée.
        Tu dis qu’on ne peut rien faire en partant du salariat car on ne peut dégager aucune épargne et rien d’intéressant pour qui que ce soit, ou pour quoi que ce soit.

        Je dis wait and see.

        13/05/2016
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        • Jean-Paul Pougala a dit:

          Le jour oü tu suivras une formation Rinvindaf, tu comprendras pourquoi ce débat est nul et non avenu. Le monde dans lequel nous fonctionnons a ses règles que le salarié ne peut pas maitriser. Pourquoi le petit boutiquier du quartier peut-il devenir riche alors que le professeur d’université ne le deviendra jamais ? C’est parce que le capitalisme dans lequel nous sommes est une sorte de guerre permanente dans laquelle chacun doit savoir se positionner s’il est une proie qui suscite la coassions ou un prédateur qui impose le respect. En d’autres termes, c’est à chacun de choisir de quel coté de la barrière on veut être. Et c’est un vrai non-sens quelqu’un qui dit qu’il sera d’abord une proie pendant x années pour avoir les moyens de devenir un prédateur. En conclusion : fais ce que tu veux, mon discours s’adresse uniquement à des jeunes qui n’ont pas encore été piégé par le système: Si tu l’es déjà, je n’ai pas de solution pour toi. Subis et supporte.

          13/05/2016
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          • Muungano a dit:

            Je vois un peu mieux où tu veux en venir, donc tu vois, ce n’est pas vain.ça servira surement si d’autres personnes passent par là aussi.

            Donc si je te suis bien, tu penses qu’il vaut mieux tenter un commerce, encore et encore jusque ce que cela fonctionne. commencer petit en France plutôt que de chercher un poste pour mettre de côté. Il vaut mieux y arriver en ayant appris à se battre sur le terrain.

            Donc je viens de penser à un truc, ça signifie vraiment abandonner toutes les représentations du système même qui valorisent certains postent de salariés notamment dans le tertiaire qu’on présente comme des personnes accomplies à la tv, les films, les romans etc. Il faut vraiment changer d’univers mental dans ce cas, pour se penser directement prédateur et offensif. Il faut dans sa tête alors, changer de compétition, ne plus faire la compétition de la valeur social perçue en fonction des critères des salariés pour savoir qui a le plus les faveurs des institutions, mais se forger sa propre idée de la compétition, uniquement en fonction de la richesse créée… et de ses propres institutions personnelles.

            Cela demande véritablement d’abandonner toutes les pensées magiques que le système a mis dans notre cerveau pour persuader de ce qui est bien ou mal -valorisant ou dévalorisant-. Cela signifie donc aussi….. que le système a créé ces représentations sur mesure « pour la masse » afin justement de l’amener à aller vers les postes de gestion et autres entretient de la richesse par ceux qui vont vraiment là où elle se trouve… Donc… si je sens ma pensée … donc en fait c’est de la pure manipulation de masse tout simplement pour laisser le peuple là où il est sans jamais qu’il comprenne les réels enjeux… donc… même les autochtones européens sont purement manipulés par leur système pour ne rien voir, et les afrodescendants encore pire du fait qu’on manque d’expérience comme bouclier contre la manipulation….
            bref, je vois un peu, c’est intéressant. C’est assez effrayant dans ce cas car personne ne le voit, surtout quand je regarde les afrodescendants autour de moi… et pareillement, il faudra du courage pour porter cette pensée car c’est une vraie dissidence par rapport aux habitudes qu’il y a dans la communauté, mais je sens aussi qu’il y a du potentiel de ce côté depuis un petit moment. C’est pas une pensée en fait, c’est juste une proposition pour un nouveau style d’être, un nouveau style de vie, c’est une rupture profonde en fait, mais il y a du potentiel. je le sens.

            Selon toi, il faut donc s’engraisser dans l’arène directement comme le poulet bio plutôt que de s’installer dans un batterie où la nourriture vient elle même comme le poulet produit à la chaîne, parce que dehors il n’y a que des poulets bagarreurs qui attendent leur part de grain et qu’il faut être prêt à jouer des coudes.

            Je repars vers mes affaires mais au moins j’ai avancé dans ma réflexion et je me sens mieux averti. Intéressant.

            Par contre tu es brutal quand tu parles prof, c’est énervant.

            Bien cordialement.

            13/05/2016
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