Les Africains ont oublié d’éduquer les Européens à accepter que l’esclavage était terminé

En France, il existe une loi interdisant la publication du patrimoine des citoyens. Contrairement à l’Italie, par exemple, aucun juge français n’a le droit de mettre son nez dans le revenu ou le train de vie justifié ou non de certains citoyens, sauf s’il est saisi par l’Administration fiscale. Cette règle est impunément violée dès lors qu’il s’agit de chef d’Etat africains, le jour où ils ont cessé d’être dociles et qu’on veut détruire. La prochaine fois, avant de vous faire manipuler et relayer les propagandes anti-africaines, demandez-vous pourquoi ces mêmes organisations qui parlent des mêmes 3 chefs d’Etat africains : Bongo, Sassou et Obiang ne touchent jamais les dignitaires Qatari, les Koweitiens ou les saoudiens qui en France, ne cachent même pas l’opulence de leur train de vie ? On a comme l’impression que cette chasse à l’homme démarre depuis le jour où ces chefs d’Etat ont mis le cap sur Pékin, et que c’est tout le pré-carré français en Afrique qui s’est effrité durablement.  Et si les autres devraient suivre leur exemple, ce serait la catastrophe.

Je partage pleinement à ce sujet les propos du Président Angolais Dos Santos qui avant hier devant le parlement angolais a annoncé d’annuler la coopération stratégique avec le Portugal, en le justifiant en ces termes :

“Il y a une confusion délibérément organisée par des organisations de pays occidentaux pour intimider les Africains souhaitant accumuler des actifs et accéder à la richesse. C’est ainsi que, d’une façon générale, il se crée l’idée que l’homme africain riche est corrompu ou doit être soupçonné de corruption”.

Il a tout dit.

Il y a cette mentalité des Européens de ne voir les africains que comme des subalternes, des mendiants, des pauvres. Et ont du mal à accepter que les africains puissent devenir riches ou autre chose que leurs subalternes. Les africains qui relayent ces informations salissantes sur les dirigeants africains, ne savent pas qu’ils contribuent au racisme institutionnalisé qui porte à ne voir l’Africain que comme l’incarnation du malheur, de ma tristesse et ensuite de la stupidité. Dans mes nombreux écrits, j’ai souvent mis le doigt sur le train de vie et le niveau incroyable de corruption des dirigeants européens, mais qui ne fait pas débat dans la même Europe. S’il faut dénoncer un chef d’Etat africain non docile, tous vont se présenter en donneurs de leçon, avec leurs suivistes de naïfs africains, toujours prêts à applaudir tout ce qui vient de leurs maîtres.

A la sortie de la guerre d’indépendance et de la guerre civile, deux pays sont venus en secours à l’Angola : la Chine et le Cuba. A l’époque, le Portugal a critiqué l’aide dite “sans condition” de la Chine  à l’Angola, aujourd’hui, ils sont les premiers à profiter des fruits de cette aide chinoise. Et comme cela ne leur suffit jamais, ils veulent être à la place des dirigeants angolais pour tout manoeuvrer. Parce que pour eux, les africains n’ont pas droit au bonheur. Et comme ce n’est pas possible, des campagnes de dénigrement s’organisent. C’était sans compter qu’en Afrique, il n’y a pas que les naïfs qui croient à la prétendue démocratie et se laissent fragiliser par tous les marchands de rêves à peine débarqués de l’occident. Il y a une autre classe de dirigeants patriotiques qui savent exactement où sont les intérêts de notre peuple. Et qu’on les traite de dictateurs ou pas, ils ne vont pas céder au charlatanisme politique de certaines organisations occidentales très actives pour dénoncer les virgules en Afrique et très muettes sur la répression policière aux Emirats Arabe Unie, sur l’inexistence du droit des femmes, interdites mêmes de conduire une voiture en Arabie Saoudite, sur l’argent du peuple détruit à tout vent par la famille royale du Qatar alors que le peuple croupit dans la misère.

QUELLES LEÇONS POUR L’AFRIQUE ?

Les Africains ont commis l’erreur de penser à leur propre décolonisation et ont oublié qu’il était aussi important et urgent de procéder à la décolonisation des anciens prédateurs, afin de leur signifier que la récréation était vraiment terminée, et que le cordon ombilical e la soumission était vraiment coupé. Je m’en suis rendu compte en participant à la Summer School de Verona en Italie au mois d’Août 2013 où on avait accueilli 50 jeunes, dont 25 italiens et 25 africains. Il y avait des jours où le cours devenait une sorte de pugilat, parce que les italiens trouvaient tout simplement incroyable qu’on parle d’Afrique en termes élogieux, positifs et de l’Europe, aussi en termes de décadence, de déclin.  Contre toute attente, comme après mon très célèbre article sur “les vraies raisons de la guerre en Libye”, la résistance européenne s’est organisée. Il s’est alors mis en place toute une série d’initiatives pour saper mon autorité, ma crédibilité, des emails sont partis dans toutes les institutions de Genève où j’ai mis pied un jour pour savoir s’ils pouvaient confirmer de connaître un tel salaud comme moi. Un des participants italiens m’a promis ni plus ni moins qu’il aurait utilisé l’administration fiscale sur toute la durée de mes presque 20 ans de mon séjour passé en Italie pour dit-il, me “faire la peau”, à cause d’une petite phrase, selon lui, assassine, celle écrite sur le poster du livre “Géostratégie Africaine” affiché dans la salle de cours et qui dit ceci : “Et si l’Afrique refusait d’être au dessous des autres”. Ce participant qui vit et travaille dans un pays africain depuis une dizaine d’années a trouvé ni plus ni moins que cette phrase était l’incitation à la guerre des africains contre les européens et qu’il me promettait de tout faire pour me bloquer dans cette démarche. N’ayant pas d’élément pour rendre même ridicule mes enseignements, ce sont les menaces et les manœuvres souterraines qui s’organisent. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils sont très prévisibles. Car tout africain qui a décidé de refuser de danser au rythme de la  fausse musique qu’on a entonnée sait ce qui l’attend.

Passé le choc initial, j’ai mis du temps à ruminer pour comprendre les raisons d’une telle agressivité sur une phrase aussi logique qu’anodine à première vue. Et j’ai compris que c’était à nous (les africains) la faute. Nous avons passé tout le temps à travailler notre propre libération mentale, à peaufiner notre décolonisation. Et nous avons oublié que le bourreau a tout aussi besoin du psychologue que sa victime. J’ai compris que pour cet italien, dire que l’Afrique refuse d’être en dessous des autres, c’est sans réfléchir, dire que la l’Europe doit crever de faim.

A la fin, cette initiative inaugurée en grande pompe par la Ministre italienne de l’intégration d’origine congolaise,  Cécile Kyenge comme un  défi pour faire travailler ensemble la jeunesse africaine et  européenne dans une initiative  de formation géostratégique à la faveur des intérêts et du devenir du continent africain en impliquant tout le monde sans distinction de race de sexe ou de religion, s’est traduit en un véritable fiasco, dû à l’incompréhension de fond venant de la partie européenne d’accepter que oui, l’Afrique peut désormais voler de ses propres ailes et ne recourir aux autres que pour consolider ses intérêts, bien identifiés. La plupart des jeunes italiens m’ont donné l’impression qu’ils ne venaient pas apprendre quelque chose de moi, un africain, mais venaient être consolidés dans les clichés négatifs qu’ils ont au détriment d’une Afrique moribonde.  Une participante a même dit :  “je venais ici entendre parler de la polygamie et du droit bafoué des femmes africaines et non d’une Afrique qui doit devenir prospère”.

Le plus inquiétant était pour moi de constater à quel point cette conception d’une Afrique soumisse et éternellement pauvre était ancrée dans le subconscient des jeunes européens, c’est à dire, de cette jeunesse sur laquelle nous fondons tous nos espoirs de saut vers la recherche de la justice sociale et du respect de la dignité humaine où qu’elle se trouve sur notre planète.

Ce que le président Angolais dénonce aujourd’hui est le début d’une nouvelle ère de guerre froide entre l’Afrique et l’Europe. Et ce à cause d’un oubli par les africains de s’employer à éduquer les européens à accepter définitivement que l’esclavage est terminé et que l’Afrique a amorcé finalement le tronçon de route qui l’amène tout droit vers son émancipation véritable.

Jean-Paul Pougala,

Le 17 octobre 2013

Lisez cette dépêche AFP sur ce climat de froid entre l’Angola et le Portugal. Il n’est pas parfait, mais vous saurez sortir ce qui vous intéresse et leur laisser le reste.

[Economie] Angola : remise en cause de sa relation commerciale avec le Portugal

Posté par Afro Concept News le 16 oct 2013

Le président angolais José Eduardo dos Santos a remis en cause mardi à Luanda le renforcement annoncé des relations commerciales avec le Portugal, en raison de tensions entre les deux pays.”Avec le Portugal, malheureusement les choses ne vont pas bien”, a déclaré M. dos Santos devant l’Assemblée nationale, lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé pour l’ouverture de la session parlementaire.

Eduardo Dos Santos, président de l’Angola”Il y a eu des incompréhensions au niveau des plus hautes instances étatiques et le climat politique actuel n’encourage pas à mettre en oeuvre le partenariat stratégique annoncé précédemment”, a ajouté le président angolais.

L’Angola et le Portugal –son ancienne puissance coloniale– avaient annoncé en février le renforcement de leurs relations commerciales et la tenue d’un premier sommet bilatéral en 2014, à l’issue d’une visite du ministre portugais des Affaires étrangères de l’époque, Paulo Portas, dans la capitale angolaise.

Mais les relations entre les deux pays se sont tendues ces derniers mois, après la publication de nombreux articles dans la presse angolaise et portugaise s’interrogeant sur la qualité et le bien-fondé des échanges entre Lisbonne et Luanda.

Ce débat a été lancé par un article du journal portugais Diario de Noticias rapportant une interview de l’actuel ministre portugais des Affaires étrangères, Rui Machete, diffusée sur la Radio nationale d’Angola et dans laquelle il présentait ses excuses à Luanda pour des enquêtes actuellement menées par la justice portugaise contre des personnalités angolaises.

Plus largement, le développement des relations entre les deux pays ne se fait pas sans critiques. Une partie de l’opinion publique portugaise dénonce le laxisme de Lisbonne vis-à-vis du régime autoritaire du président angolais, au pouvoir depuis trente-quatre ans, et de ses velléités d’investissements au Portugal.

Dans l’ancienne colonie, nombre d’Angolais accusent le Portugal d’exporter son chômage à Luanda et de ne pas jouer le jeu du transfert de compétences et de la formation lors des partenariats commerciaux.

“Il y a une confusion délibérément organisée par des organisations de pays occidentaux pour intimider les Africains souhaitant accumuler des actifs et accéder à la richesse. C’est ainsi que, d’une façon générale, il se crée l’idée que l’homme africain riche est corrompu ou doit être soupçonné de corruption”, a affirmé le président angolais mardi.

Anciennes, les relations commerciales entre Lisbonne et Luanda n’ont cessé de se renforcer ces dernières années, dans un contexte de crise au Portugal et, au contraire, de forte croissance en Angola. Luanda vend son pétrole à Lisbonne et, en retour, lui achète des biens alimentaires et de consommation et investit massivement sur place dans des domaines aussi divers que l’immobilier, le luxe et les banques.

Plus de 100. 000 Portugais et près de 1. 000 entreprises, notamment dans la construction, sont installées en Angola, qui depuis 2011 est le troisième pays d’origine des revenus envoyés par les migrants portugais, après la France et la Suisse, selon l’Observatoire portugais de l’émigration.
Contactée par l’AFP, l’ambassade du Portugal en Angola a indiqué qu’elle ne ferait aucune réaction au discours du président angolais et qu’une éventuelle réaction viendrait le cas échéant directement de Lisbonne.
Les partis de l’opposition et le président de l’association des industriels angolais ont pour leur part déploré les propos du chef de l’Etat angolais.

Source AFP

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